L’Afrique australe affine sa stratégie entre partenariats miniers et souveraineté financière
À l’approche du troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, les chancelleries d’Afrique australe multiplient les concertations préparatoires. En positionnant le Zimbabwe et l’Afrique du Sud en fer de lance régional, la zone d’Afrique australe entend faire valoir ses intérêts stratégiques dans le cadre du futur plan d’action conjoint 2027-2029.
Le Zimbabwe mobilise sa diplomatie économique et minière
Au Zimbabwe, les préparatifs pour le rendez-vous de Moscou ont franchi une étape décisive. Le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères, Amon Murwira, a officiellement confirmé que la délégation nationale sera conduite directement par le Président Emmerson Mnangagwa.
La présence du chef de l’État souligne l’importance stratégique que revêt ce sommet pour Harare. Les discussions bilatérales avec Moscou s’orientent prioritairement vers le secteur extractif, avec la négociation de projets conjoints axés sur : L’extraction des ressources naturelles à forte valeur ajoutée et le traitement et la transformation locale des minerais, un enjeu clé de souveraineté économique. Cette dynamique de coopération s’appuie sur une relation historique solide, dont les fondements remontent au soutien apporté par Moscou lors de la lutte de libération du Zimbabwe.
L’Afrique du Sud mise sur l’autonomie financière et l’énergie
De son côté, la République d’Afrique du Sud aborde ce sommet avec une feuille de route centrée sur l’intégration économique et les technologies de pointe. Dans la continuité des dynamiques au sein des BRICS, Pretoria met l’accent sur les réformes de l’architecture financière internationale. L’Afrique du Sud privilégie ainsi le développement de mécanismes de paiement alternatifs (notamment l’interconnexion avec le système russe SPFS au côté du réseau SWIFT) et l’accroissement du commerce bilatéral en monnaies nationales afin d’atténuer les risques de change et d’éviter les restrictions financières globales.
Sur le plan technique et technologique, Pretoria exprime un intérêt marqué pour : Le nucléaire civil, pour répondre aux défis de transition et de sécurité énergétique du pays et la densification des échanges commerciaux bilatéraux dans les secteurs à haute valeur technologique.
Les grands défis stratégiques pour l’Afrique australe (2027-2029)
À l’échelle de la sous-région, les concertations préparatoires au Sommet de 2026 visent à construire une position coordonnée face aux opportunités offertes par le partenariat russo-africain. Les enjeux régionaux majeurs s’articulent autour de deux axes stratégiques :
- La sécurisation et la diversification des investissements : L’Afrique australe souhaite orienter les capitaux russes vers des projets d’infrastructures lourdes et de développement agro-industriel pour réduire la vulnérabilité de ses économies vis-à-vis des marchés traditionnels.
- L’adoption du cadre de coopération 2027-2029 : Les délégations de la région entendent peser dans la validation de la nouvelle feuille de route triennale qui succédera au plan d’action 2023-2026.
