SOMMET RUSSIE-AFRIQUE 2026 : MOSCOU MISE SUR L’ÉCONOMIE

Le rendez-vous prend forme: c’est le mardi 28 octobre 2026, en ouverture du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, que se tiendra à Moscou le Forum économique et humanitaire, avant une session plénière le lendemain coprésidée par Vladimir Poutine et le Président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye.

Selon l’Ambassadeur de Russie en Côte d’Ivoire, Alexey Saltykov, le sommet sera largement consacré aux enjeux économiques, technologiques et humanitaires, avec une première journée marquée aussi par une réception officielle au Kremlin. 

 Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, Moscou affiche sa volonté de passer à la vitesse supérieure: plus de 30 pays africains ont déjà confirmé leur présence et la rencontre sera axée sur un contenu économique plus dense que les précédentes. Un signal fort pour les pays participants, qui y voient l’occasion de dépasser le seul registre du dialogue politique pour aborder des dossiers concrets. 

Le volet économique du sommet couvrira un large éventail de domaines, particulièrement porteurs pour les économies africaines: Commerce et investissements, appelés à occuper une place centrale, aux côtés de secteurs stratégiques. Énergie, y compris l’énergie nucléaire à usage pacifique, un sujet qui intéresse plusieurs États cherchant à diversifier leur mix énergétique. Sécurité alimentaire, enjeu prioritaire pour de nombreux pays africains confrontés à des tensions sur les approvisionnements. Transformation numérique et intelligence artificielle, avec la perspective de combler le retard technologique et de favoriser les transferts de savoir-faire. Logistique et infrastructures, essentielles pour désenclaver les échanges commerciaux. Règlements en monnaies alternatives, un thème mis en avant par le Chef de la Diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui y voit un moyen de réduire la dépendance aux devises occidentales.

Le volume des échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains a atteint environ 27,7 milliards de dollars en 2025, selon l’Institut d’Afrique de l’Académie des sciences de Russie — un chiffre que Moscou espère voir progresser grâce à cette nouvelle dynamique. Au-delà des discussions, plusieurs documents seront proposés à l’adoption: une déclaration politique, un plan d’action pour la période 2027-2029, ainsi qu’un texte consacré à l’utilisation civile de l’intelligence artificielle. Autant d’engagements qui, pour les pays africains, pourraient se traduire par des partenariats plus structurés et des financements accrus dans des secteurs jugés prioritaires pour leur développement. 

En misant sur ce contenu économique renforcé, Moscou entend répondre à une attente exprimée de longue date par ses partenaires africains: obtenir des infrastructures, des financements et des transferts technologiques concrets, plutôt qu’un simple discours de solidarité géopolitique.

Serge Gautier ONANINA, journaliste

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