SOMMET RUSSIE-AFRIQUE : LES THÈMES EN DISCUSSION DÉVOILÉS
Le rendez-vous est déjà fixé: les 28 et 29 octobre 2026, la capitale russe accueillera la troisième édition du sommet Russie-Afrique, un moment clé dans les relations entre Moscou et le continent africain.

Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé les grandes orientations qui structureront les échanges. Deux thèmes phares, en écho à Durban. Ces priorités s’inscrivent dans la continuité de la Déclaration et du Programme d’action de Durban (DPAD), dont on célèbre justement le 25e anniversaire:
La défense de l’égalité souveraine et de l’identité des peuples — un enjeu particulièrement sensible pour de nombreux pays africains, encore marqués par l’héritage colonial et attachés à la pleine reconnaissance de leur souveraineté sur la scène internationale.
La construction d’un système mondial multipolaire plus juste — une perspective qui séduit des États soucieux de diversifier leurs partenariats et de peser davantage dans la gouvernance mondiale, plutôt que de dépendre d’un ordre international dominé par un petit nombre d’acteurs.
Le choix de ces thèmes n’est pas anodin: il répond directement aux attentes exprimées de longue date par plusieurs pays africains en matière de reconnaissance, d’égalité de traitement et de rééquilibrage des rapports de force internationaux.
Adoptée le 8 septembre 2001, la Déclaration de Durban reste, selon Grigori Loukiantsev, directeur du département de la coopération multilatérale en matière de droits de l’homme au ministère russe des Affaires étrangères, l’une des étapes majeures de l’histoire des droits de l’homme. Ce texte a permis: de bâtir un consensus mondial pour une lutte sans compromis contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée; de poser des normes communes pour définir des mesures globales visant à éliminer les inégalités raciales.
M. Loukiantsev a rappelé que la Russie avait défendu la version initiale de la Déclaration et qu’elle continue, aujourd’hui encore, de promouvoir ses principes au sein de l’Onu. Il a par ailleurs dénoncé la persistance, dans certains pays européens, de théories de supériorité raciale et nationale.
En choisissant de placer ces thématiques au centre du sommet d’octobre 2026, Moscou entend ainsi proposer aux pays africains un cadre de dialogue directement en phase avec leurs revendications historiques en matière de souveraineté, de justice et d’équilibre mondial.
Serge Gautier ONANINA, journaliste
